Le 5 juillet 2012 : To leave our country


« Là-bas, tout est neuf et tout est sauvage, libre continent sans grillage, je te sens si fragile parfois,…

N’y va pas, loin de nos rêves, de nos villages, j’oublierais ta voix ton visage… »

"Je connais des bateaux qui s'en vont deux par deux, affronter le gros temps quand l'orage est sur eux. Je connais des bateaux qui s'égratignent un peu sur les routes océanes où les mènent leurs jeux. Je connais des bateaux qui reviennent au port labourés de partout mais plus graves et plus forts"

3h du mat’, le réveil sonne. Une boule au ventre, des valises chargées de médicaments et de tampax plus que de vêtements, un trajet jusqu’à l’aéroport plein de rêves et de chimères mais aussi une certaine appréhension, une envie folle de s’envoler autre part à la fois, la volonté de se découvrir ailleurs, un voyage préparé et rêvé depuis des mois qui devient réalité. Angoissant et merveilleux. Comment décrire cette sensation autrement ? La vivre serait, sans doute, la meilleure définition. « Au revoir papa, au revoir maman », un défilé de bout de vie, d’enfance et la vraie fin de l’adolescence. Voilà, bienvenue dans un monde un peu plus adulte, livrée à soi-même, « Au revoir France, ô toi mon pays». Quelques réflexions légèrement stupides auxquelles on ne pense qu’avant de décoller et puis, la famille et les amis quittent alors eux aussi l’univers créé depuis un moment, ce petit monde routinier rien qu’à soi qui disparaît dans la salle d’embarquement quand tu te dis alors « ça y est, c’est fait, je pars pour un an… ». Un an. Rien et tellement en même temps. Et puis, crevée en prenant place dans l’avion, tu t’endors en ne pensant plus à rien. « Je traverse la France, je suis dans les nuages, les paysages sont beaux… » et tes yeux se ferment, la France, ça fait plus de 20 ans que tu la connais, la pointe de nostalgie semble inutile et pourtant, elle existe. Après une escale à Bruxelles, dans cet aéroport plutôt immense où tu suis un chemin interminable pour arriver au bon endroit « Sarah, t’es sûre que l’on est sur la bonne voie là ? » quand tu aperçois tous les gens autour de toi lire « How to improve your portugeesh ? »ou le guide du routard de ce pays-là et que, te rendant à l’évidence, tu montes 3 escaliers différents, tu passes sur plus de cinq tapis roulants pour rejoindre enfin le vol tant attendu, tu arrives à conclure que deux heures d’escale, c’est un temps correct. Désormais, tu aperçois les femmes en sari, les hommes à moustache, peu de blancs et tu prends place dans l’avion légèrement intimidée par tous ces gens autour de toi qui te dévisagent pour découvrir qui tu es exactement. Tu écoutes la petite voix qui te conseille d’accrocher ta ceinture et te récite un tas de prévention si jamais tu te crashais en avion, d’abord en hindi puis en…anglais apparemment, mais un anglais de l’Orient, bienvenue, tu découvres un nouvel accent. Puis, après un peu plus de 9h de vol, deux repas, quelques lectures, un film et de longs endormissements toi et ta future colocataire posez le pied sur le sol indien…

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