Chennai’s lifestyle – letter to someone

 

«And as we wind on down the road
Our shadows taller than our soul
There walks a lady we all know
Who shines white light and wants to show
How everything still turns to gold
And if you listen very hard
The tune will come to you at last
When all are one and one is all, yeah
To be a rock and not to roll
And she’s buying a stairway to Heaven  »

A part of my life

Prends juste un instant pour m’écouter. Encore mon histoire, celle tellement vraie qui est la mienne. Tu veux que je te dise ? Ici parfois, ça ressemble au paradis. Certes, je ne te parle pas de la pauvreté, ni de ces lieux où les rats envahissent les rues car les poubelles ne sont pas encore intégrées dans la culture indienne, je te parle pas de tous ces déchets à terre et à ces endroits ressemblant à des bennes à ordures qui ne sont que des bouts de la ville empruntés pour entasser les pelures de légumes, les restes du repas ou les excréments en tous genres. Moi, je t’explique autre chose, bien plus profond que des aspects matérialistes, je te parle des indiens, de ce côté si humain. Les gens dans la rue, tu les observes, ils te sourient. Un simple « naanri », le merci de leur langue natale, le tamil, et ils te remercient, te parlent comme si tu étais bien d’ici, te regardent, te demandent ne serait-ce que d’où tu viens avec une générosité et une chaleur tellement incroyable que cette gentillesse et cette bonne humeur te paraîtrait sans doute invraisemblable. Les femmes ? Tellement jolies. Des yeux pétillants, étincelants, d’ici a dû se former l’expression « beauté fatale ». Sans provocations, aucune épaule ni même une cuisse ne dépassant, juste en étant elles-mêmes entourées d’une soie si douce, portant un sari rouge, un salvar orange ou encore ces quelques sarouels et curtas multicolores, jaune, bleu, violet, saphir, couleur émeraude, ici chaque promenade ressemble à un défilé de mode sans string ni mini-jupe pour qu’il devienne soit disant intriguant. Les indiennes simplement. Une beauté tellement naturelle, des cheveux d’un brun et d’une longueur exceptionnels, des sourires encore et toujours, ces rires qui virevoltent et courent, j’ai oublié de te raconter encore, ces fleurs, olalala si tu savais comme elles sont jolies ces fleurs, des colliers de pétales blanches à insérer dans cette chevelure déjà si intense. Une femme dans chaque coin de rue pour tisser ce symbole de féminité, un regard de braise, des traits si fins, imagine encore un peu les yeux enjoués des gosses si étonnés quand ils croisent un Blanc, des hommes dévissant leur tête dans les tuk-tuk ou les voitures en nous apercevant, et puis des rencontres, ces rencontres qu’on n’oublie pas, il suffit de 5 minutes pour que quelqu’un que tu ne reverras sûrement pas marque un bout de ta vie, un bout de toi. Ce vieil homme à l’arrêt de bus qui nous a montré un chemin et qui nous fait signe dorénavant à chaque fois, le propriétaire du cybercafé et ses employés qui nous témoignent toujours une pointe d’affection dans la voix, ou encore ces enfants sur la plage qui ne souhaitent que d’être pris en photo tant ils sont intrigués par l’appareil leur paraissant si gros. Et puis, ces amitiés qui se tissent comme avec Kingston, Jenny et les autres. Une amitié tellement franche. Tu vois, les deux tourtereaux, ils ont fait un aller-retour de 4h dans la nuit, Chennai-Mamallapuram, uniquement pour dire « Au revoir » à Nelhu repartant en France en décollant à 5h du matin, juste histoire de faire un simple coucou à l’aéroport, histoire de dire « t’as vu ? On est là ma belle, surtout ne nous oublie pas ».Prévoyant également de nous revoir, Amanda, sa sœur, Sarah et moi. Ce sont ces quelques détails de la vie qui mettent du baume au coeur, un rien peut-être me diras-tu, mais ici, même le moindre petit détail créé un monde plus beau.

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Malgré ce brin de malice, les mendiants eux aussi sont présents, sur le marché ou dans les rues envahis par tant de passants, on peut rencontrer cet homme qui parle tout seul et qui te tend la main juste pour 1 roupie, cette petite fille dans la rue habillée avec un sac à patate, la métaphore n’a pas lieu d’être ici, elle porte un vrai sac à patate marron, déchiré par endroit avec une pince à nourrice pour le faire tenir autour de son corps qui n’a pas eu le temps de se former. Elle qui n’a pas encore dépassé l’âge de la puberté, elle qui a les joues si noires, de suie peut-être, on ne sait pas, elle qui semble si sale et affamée, « Please Mum » t’implore-t-elle avec ses yeux innocents, plein de supplice dans la voix te tendant sa main et ses quelques dessins. De l’argent c’est ce qu’elle te suggère de lui donner. Toi, tu refuses bien entendu, et même si la culpabilité t’enchaîne, que tu vois bien qu’elle crie au fond « à l’aide », toi toute seule, tu ne peux pas la sortir de là, tu sais que les enfants des rues travaillent pour je-ne-sais quelle mafia. Et puis, il y en a d’autres, les fous qui se mettent à tes pieds et parlent au ciel sans te regarder, les femmes avec leurs bébés qui te poursuivent à l’autre bout de la rue, t’attendent devant les magasins prêtent à te traquer, essayant de t’attendrir avec leur nouveau-né. Il y en a une d’ailleurs une fois, qui s’est mis à nous pourchasser vingt minutes durant, essuyant la bouche de son bébé qui venait tout juste de manger, cachant ses bijoux et répétant « da, da, da » la main devant les lèvres en signe de faim extrême malgré des « illé », non en tamil, récurrents de notre part, noyées dans la foule pourtant, elle nous repérait sans cesse, rappelant sa présence en nous pinçant. Lui dédaignant un regard de braise, peut-être légèrement condescendant, elle continuait sa valse folle pour quémander. Irritées et assoiffées, tu aurais fait quoi à notre place ? Nous, on s’est arrêté, priant les indiens de nous servir un « lime juice » et souhaitant de tout cœur qu’elle s’enfuit devant tant de désintérêt, et sentant sa colère montée, je peux te le dire, la tentative était lourdement ratée. Sortant les 15 roupies demandées, un pincement de plus désignant les pièces que tu t’apprêtes à donner au marchand, elle se sent alors désobligée, malgré cette haine qu’elle te fait sentir, tu ne cèdes pas, elle s’en va, n’oubliant pas de te jeter un sort pour ce manque de générosité et sous-entendant que « Dieu te punira ». Je l’appelle désormais la sorcière, sa méchanceté et son insistance dévoilant son cœur de pierre et son sort nous envoyant apparemment une souris dans notre appartement et des boutons de moustique continuellement… Mais si tu savais comme j’aime cette ville, elle est certes bruyante, immense, une circulation intense mais je m’en fous, Chennai ce n’est peut-être pas ma ville préférée mais j’aime y vivre et l’intégrer dans mon parcours notamment parce qu’on y découvre un charme et un fond de gaieté.

 

 

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