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Partir ou Fuir?

Je suis partie, le 5 juillet 2012, lors de ma première étape à l’étranger, pas sur les routes comme beaucoup le décrivent et aiment le penser…Je ne suis pas une voyageuse. Aventurière, peut-être un peu. Quoi que ce terme aurait sans doute fait mourir de rire mes grands-parents pour me décrire de leur vivant. Je suis partie, pas parce que je rêvais d’améliorer ma vie en partant, pas parce que je voulais trouver mes racines autre part que chez moi. En tous cas, ce n’est pas ce à quoi j’ai réfléchi la première fois. Certains m’ont dit que j’étais partie parce que l’amour m’avait fait fuir jusqu’à mon propre pays, que j’étais partie parce que j’avais besoin de me retrouver avec moi-même. Que j’avais pris plusieurs avions, que j’étais restée plusieurs mois dans une destination, puis encore une autre, pour ensuite ne toujours pas ancrer mes racines dans un autre lieu lointain afin d’embrasser la France de plus près à mon retour. Beaucoup m’ont dit que j’étais partie parce qu’ils sentaient mon besoin d’exister autre part que dans un pays qui me rappelle bien trop mon enfance et les quelques chemins distordus dans lesquels tant de personnes m’ont embarqué. Pour eux, je ne suis pas partie. Je suis le résumé de la lâcheté qui n’a su que fuir cet endroit qui l’a tant mis à mal. Pourtant, je ne suis plus là depuis 3 ans. Je ne suis plus la française qui existait avant.

J’ai commencé ce blog lorsque j’étais en Inde, j’ai arrêté de poster quelques mois après mon arrivée, mes expériences étant trop personnelles, ma volonté de vivre plutôt que de décrire et me réfugier dans l’écriture trop intense, … Fuir dans le travail, certainement…Fuir dans ce que beaucoup appellent mes « voyages », je ne pense pas. Je suis ce quelqu’un que les gens aiment appeler « instable » parce que je suis incapable de rester à la même place, au même endroit. Comme un vulgaire meuble poussiéreux, selon moi. Les personnes qui se sont trouvées, qui savent sur quels pieds danser ont adoré me répéter à quel point il fallait que je choisisse un endroit où j’ai enfin une vraie stabilité, une vraie influence pour réussir à vraiment lutter.

Les gens recherchent cette étincelle qui brille dans leur fond intérieur chez les autres. Certains désirent que les autres soient animés par la même flamme qui les rend si exceptionnels parce que ça les conforte dans leurs choix actuels. D’autres se sentent incompris car ils ont décidé de vivre autrement, pris des chemins hors-du-commun. Les sermons se ressemblent alors, se succèdent dans l’interprétation de ce qui ne va pas chez la personne qui a décidé de ne pas être comme ceux qui se veulent tant individualistes et pourtant, qui comptent tant sur l’impact collectif. J’ai repris ce blog pour exprimer mon indignation, pour enfin révéler toutes mes tensions sans être interrompue, sans être jugée pour des propos qui ne correspondent pas à ce que la plupart des gens veulent m’entendre dire, veulent me faire devenir.

J’écris car je crois que je suis perdue. Cela fait pourtant un bout de temps que cela ne m’était pas arrivé dans mon parcours. Je suis frustrée et par moments, je n’arrive plus à avancer. Tout est remis en cause. Je ne supporte plus les gens qui ont la trouille de se battre pour leurs idées. Ivre de passion pour une cause juste, c’était ça, jusqu’ici dans mon chemin, dans ces différents pays, qui me permettait de garder la tête haute, d’admirer les quelques personnes qui faisaient preuves d’activisme et d’humanité. Vivre dans la crainte, dans la peur de se faire tuer, ça ne fait rien avancer. Vivre dans l’idée que l’on ne peut rien faire car l’on risque de mourir, c’est égoïste et une idée que je déplore personnellement lorsque l’on travaille dans des environnements qui osent clamer leur indignation contre la violence mais qui se laissent aller à l’impotence quand il est question d’agir pour ces idées. Ne jamais agir, ne pas se battre pour défendre ses valeurs, ne pas s’informer, ne pas s’indigner, ne pas décider de prendre les devants et laisser le monde à ce qu’il est, c’est accepter la dangerosité sans arriver à la dénoncer. Finalement, on attend les bras croisés que quelqu’un d’autre se charge d’un fardeau pourtant qui s’adresse à l’univers commun? En effet, parfois, nous ne servons à rien. Qu’est-ce qui s’inscrit dans mon parcours selon vous ? 1 an en Inde avec un stage avec des défenseurs des droits de l’homme arrêtés et torturés où je n’étais que l’observatrice de la dégringolade de mon ONG car mes collègues avaient le courage de lutter tous les jours pour leurs idées ? (http://www.lejournalinternational.fr/Inde-la-victoire-de-la-torture_a681.html) Un semestre à Venise avec des professeurs et quelques étudiants ayant inspiré cette envie de continuer tous les jours à s’impliquer dans des actions concrètes et à la fois ayant révélé l’égocentrisme de certains s’impliquant dans les Droits de l’Homme préférant de loin le statut et la gloire plutôt que d’avoir un cœur sur un terrain où la loi des puissants ne dirige pas l’envie de s’engager? Est-ce que mon mémoire sur la prédation sexuelle contre les jeunes filles dans les forces armées avec l’exemple des Tigres Tamouls a impacté mes choix ? Est-ce qu’avoir travaillé en Irlande du Nord dans une grande organisation internationale au côté de collègues plus admirables et actifs les uns que les autres afin de comprendre les conséquences d’un conflit qui se perpétue encore aujourd’hui m’a donné envie de ne pas m’installer sur une zone particulière et de travailler dans des zones plus intéressantes auxquelles personne n’appartient car elles diffèrent de celles où une identité commune a pu émerger ? Est-ce que travailler avec d’anciens combattants a réveillé mon désir de zones interdites ? L’Angleterre a-t-elle renforcé mon désir de travailler avec ces demandeurs d’asile, anciens enfants soldats parfois, femmes trafiquées et violées dans des buts politiques qui ont fui des zones qui m’intriguent pour comprendre cette réalité que chacun essaie de nier ?  Et puis, désormais que j’essaie de tout lier, est-ce que le Pérou s’inscrit vraiment dans mon parcours? Est-ce que je sers à grand-chose ici? Est-ce qu’étudier les risques d’exploitation sexuelle dans les centres d’accueil pour les enfants abandonnés socialement tout en travaillant avec des jeunes filles ayant connu l’horreur me servira dans le rôle professionnel que j’aimerais avoir dans le futur? Est-ce qu’ici je peux vraiment faire valoir des valeurs sécuritaires et humanitaires à la fois sans avoir d’appui car beaucoup recule devant toutes difficultés en justifiant leur malheur et leur passivité avec l’histoire du passé? La colonisation et le terrorisme semblant justifier tant d’inertie face aux violences encore subies aujourd’hui? Comme si ce peuple était le seul à avoir souffert de tant de cruauté et l’unique à avoir été mis à genoux ?

Sans doute, ai-je était influencé par le mien de soldat, que j’ai aimé mais qui est parti dans un combat auquel je n’adhère pas. Israël-Palestine, je sais qui je soutiens mais par respect pour ma première fois, je ne veux pas entrer de façon provocante dans ce débat-là. Au fond, suis-je un peu comme ces personnes qui dénoncent mais n’agissent pas pour ce cas. A l’époque, je souhaitais être reporter de guerre… J’ai toujours désiré travailler sur le terrain et dans les zones de conflits, j’ai toujours voulu travailler dans des zones auxquelles je n’appartiens pas, où il est hors-de-question que je reste trop longtemps car la suite n’est plus mon combat, puisque je ne suis de nulle part mais de partout à la fois. J’ai toujours voulu m’engager sans m’imposer trop longtemps dans un lieu ou dans un autre, car je n’ai pas besoin d’avoir un impact pour que mon ego soit revalorisé comme il se doit. J’ai besoin d’aider, de comprendre, d’analyser sur un court terme mais pas de rester car je ne sais pas me battre sur le long terme où j’ai encore moins de voix. J’ai besoin d’être le soldat qui compare, qui se bat, qui voit le monde dans son ensemble, qui écrit, pas celui qui a décidé qu’il n’y a qu’un endroit sur Terre qui vaut la peine. Le Pérou m’a conforté dans ces idées-là je suppose. Je réécris dans ce blog intitulé dustofindia puisqu’il y aura toujours en moi cette Inde qui m’a forgée pour commencer mes combats.

Très peu ont réalisé que j’étais partie parce que j’avais autre chose, une autre cause à trouver plutôt que de continuer à pleurer et m’apitoyer sur mon sort, personne n’a désiré estimer que j’étais partie pour pouvoir trouver ma voie, pour verser des larmes indignées pour les injustices qui se passent ici et puis là-bas, tout le monde a souhaité trouver ce qu’il se passait au fond de moi mais personne n’a jamais vraiment demandé ce que j’en pensais moi…

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Letter to someone… Some advices to some lambdas people!

Some advices to some lambdas people

« Moi je voudrais, parcourir le monde,
Moi je voudrais, voir le monde danser,
Le voir marcher sur ses… comment ça s’appelle ? Ah ! Pieds
On ne va nul part en battant des nageoires
Il faut des jambes pour sauter et danser
Flâner le long de ces… comment ça s’appelle ? Rues …

Si l’homme marche, si l’homme court,
S’il peut sur terre rêver au grand jour
Comme j’aimerais, si je pouvais,
Partir là-bas »

Tu peux te déplacer dans des « malls » immenses comme Express Avenue, Spencer Plaza, Prince Plaza où tu trouves des magasins comme Lifestyle, M3lange, Max, pour avoir des habits indiens pas trop chers et puis tu peux aussi te diriger au Nilgilis, Big Bazar ou encore à City Square où tu trouves ta bouffe, tes produits ménagers, de l’encens et tout ce qui te permet de vivre au mieux sans forcément te ruiner. La première fois, tu croiras bien entendu que tout ce que tu trouves est périmé mais regarde le packaging qui est la date imprimée sur le papieret les indications données, généralement le best before est de 10 months après que le produit ait été emballé. Humainement parlant, l’épicerie est aussi un fantastique bourbier où tu paies 1 banane à 4 roupies et où les clopes ne t’en coûtent que 58, je fume moins ici, j’ai d’ailleurs presque arrêté, je ne sais pas si c’est le fait de la pollution, de la chaleur ou de la femme qui, une cigarette dans la bouche, est mal perçu et doit se cacher, mais dans tous les cas, même si le paquet est à moins d’1 euros, l’envie ne réapparaît qu’en soirée. Fais gaffe également à ne pas te faire arnaquer, blanc ou étranger, le double te sera souvent demandé, revois tes maths histoire de savoir compter mais surtout de calculer la monnaie que l’on doit te rendre au guichet.

Faut aussi que je te dise, même si cela paraît plus qu’évident, mets-toi à l’anglais impérativement, les indiens ne supportent pas quand tu ne fais aucun effort, ici, maîtriser l’anglais est une excellente chose, faire des efforts en tamoul t’intègre plus encore mais si tu demandes toutes les cinq minutes les traductions anglais-français, que tu comptes sur les autres au lieu de te débrouiller par toi-même, que tu n’as même pas acheté de dictionnaire alors que tu sais que tu as des difficultés, ne viens même pas ici car tu seras totalement rejeté. Les négociations avec les rickshaws, faudra aussi oublier, si tu es incapable de dire ”No way. We know the price. This is so expensive. Your price is not the real price, sixty roupies it’s unbelievable” ni enchaîner encore avec un « Are you kidding? », pauvre de toi, ici, tu seras dévoré. Sachant que pour « bargain » correctement, il te faudra savoir également les mots tamils permettant de prouver ton adaptation de longue durée donc si tu es incapable de prononcer « too much », on en voit ici parfois, tu ne pourras jamais menacer le conducteur du tuk-tuk avec le fameux « rumbervilléi » et comme un idiot non préparé, tu te demanderas tout naïf que tu es, pourquoi t’es le seul à te faire rouler. Prépare-toi à l’Inde en lisant quelques bouquins, cherche sur Wikipédia ce qui se fait ici et ce qui ne se fait pas, achète un guide pour savoir ce que tu veux visiter et pour repérer où tu vas, on ne part pas en Inde sans savoir les us et coutumes, c’est une autre culture et se préparer psychologiquement permet d’apprécier son séjour plus rapidement. Ne s’être renseigné sur rien, connaître également la barrière de la langue, arriver pour tout découvrir sans même savoir que la religion majoritaire est l’hindouisme car c’est soi-disant plus fun, gâche les séjours de plusieurs mois. Je t’assure, j’ai déjà rencontré quelques étudiants de ce genre-là. Je préfère ainsi te conseiller même des choses qui doivent te sembler à toi si futiles car passer pour un ignorant dès ton arrivée, ça ne sera pas un très bon point pour toi. Faire la tête devant ton assiette alors que tu manges dans un restaurant aussi réputé que Mathsya semblera impoli, rechigner devant toute épice quelle qu’il soit semblera étrange mais si tu essaies au moins une fois, cela saura s’apprécier autour de toi. Ne mange pas dans la rue de suite, ne bois pas l’eau du robinet, ne te ballade pas en débardeur ni en mini-jupe, reste ouvert d’esprit, frappe les hommes s’ils essaient de se coller à toi, va à la fac, choisis tes cours, voyage et crois-moi, si tu suis tous mes conseils, tout ira pour le mieux pour toi.