Le 6 juillet 2012: Chennai’s discovery

Mathsya, restaurant végétarien très réputé à Chennai
Matsya est la première des dix principales incarnations de Vishnu, elle est sa « fish incarnation »

 

The Airport

« I’m a big big girl  in a big big world .

It’s not a big big thing if you leave me 

But I do do feel that  I do do will miss you much 

Miss you much… « 

Bienvenue dans un autre monde, soulevant les cultures, dépassant les mœurs que nous connaissons en ce 6 juillet 2012 à minuit et demi, heure locale.  « Ca sent l’Inde », t’explique Sarah alors que tu n’es toujours pas redevenue toi-même, assez chamboulée, sans vraiment comprendre ce qu’il se passe mais ravie d’avoir atterrie à bon port et d’être enfin dans cet « autre-part » tant rêvé : l’Inde. Direction l’immigration avant de passer les douanes. Une bonne heure d’attente avant d’avoir les questions rituelles “What are you doing in India ?-Studies- Where ?-University of Madras- What kind of studies ?-Political Science-…”, une mini-fouille et à 1h45 du matin, le tour est joué pour récupérer (enfin) tes quelques valises. Direction les pré-paids taxis à prix fixes soient 400 roupies, que tu paies avant de monter, pour éviter les quelques arnaques mais on y reviendra, deux hommes pour transporter les bagages, un petit tour dehors avec quelques personnes qui montrent un prénom sur une plaquette, tous le même naturellement, quelques bousculades, un taxi avec des fenêtres sans vitres où tu prends place, les bagagistes qui te harcèlent toi et Sarah pour avoir des sous alors que tu ne leur avais rien demandé du tout, la nécessité de leur filer 200 roupies car tu ne comprends pas tout ce qu’il se passe autour de toi et que tu as envie de partir au plus vite dans ton hôtel qui sera ton « premier » nouveau chez toi. Une trentaine de minutes pour arriver à l’Udipi Home, le taxi qui te demande de l’argent malgré tout alors que tu as payé auparavant, qui insiste mais tu résistes, tu préfères avec ta partenaire ne pas abandonner et lui expliquer, même 5 ou 6 fois « We already paid, don’t play with us, we know that’s you’re a prepaid taxi so we gave your wadge at the airport. » et ce sont les quelques employés de l’hôtel qui arrivèrent après cette discussion de 10 minutes qui a permis à notre cher conducteur, qui nous traitait de menteuses, de nous affirmer « Ok, you’re right, bye » et de pouvoir enfin remplir et signer le Form C à l’Udipi Home, nécessaire pour s’annoncer par la suite au « Passport Office », ultérieurement le bureau de l’immigration. Et oui, pas besoin d’aller à Puducherry (anciennement Pondichéry) pour se signaler au Consulat.

Chennai's lifestyle

Udipi Home’s arrival

« Je continuerai mon errance
Au-delà des chemins de France
Je les suivrai au bout du monde
Au bout du monde…»

Après maintes et maintes papiers, tu retrouves enfin tes esprits. Cette petite voix dans ta tête qui te dit que ce n’est qu’une illusion et que ce n’est pas toi qui vit ce voyage s’arrête enfin. Nous voici face au propriétaire de l’hôtel : Ram, il est 3h du matin, il nous accompagne dans notre chambre « A.C. room » (grosse erreur par ailleurs de prendre la clim’, les détails dans d’autres chapitres) où ses employés ont déjà transporté nos bagages, discute avec nous, et même si la fatigue absorbe quelque peu notre capacité à comprendre l’anglais, Ram a un accent plus occidental qu’indien, ce qui n’est pas pour nous déplaire par ailleurs. “Do you want to go to visit Chennai with me by car now, to see Chennai by night or after your sleep?” ce à quoi nous répondons naturellement par la positive, l’envie de déjà connaître la ville primant largement sur le sommeil, nous voici partis pour un « road-trip by night », malgré nos cernes et nos yeux se refermant tout seuls, nous avons réussi à tenir cette conversation en anglais pendant plus d’une heure, Ram nous expliquant que les églises sont plus nombreuses que les temples à Chennai, que la ville est très étendue, nous faisant également découvrir de beaux bâtiments, notre université, la plage et tout ce qui pourrait être apprécié dans cette ville, qui à cette heure tardive de la nuit paraît alors plutôt silencieuse. Malgré la beauté du moment, malgré ce partage de paroles et d’histoire sur la ville dans laquelle nous allons vivre, une certaine gêne naît en moi au fur et à mesure que nous progressons dans la découverte de Chennai : ces gens, si nombreux, dormant sur les trottoirs ou sur la plage sans rien d’autre qu’une couverture ou leurs vêtements, se mélangeant à côté d’eux, les multiples chiens errants. Cette image reste plus forte encore aux vues de la circulation où les automobilistes, les motos ou encore les rickshaws manquent de peu l’accident et ne prêtent encore moins attention à ces hommes et ces femmes qui font parties de leur quotidien, qui sont inscrits dans le paysage, que les indiens plus riches aperçoivent sans véritablement les voir. Y faire attention dans la religion hindouiste serait vouloir changer leur karma. Or, et même si cela m’apparaît toujours assez cruel mais que je commence à en comprendre les raisons, Ram nous a un peu expliqué le fonctionnement de la religion hindouiste. Ainsi, l’idée de caste arrive aussi avec cette idée de réincarnation, par exemple pour être un Brahmane soit une haute caste, le dharma soit ton chemin de vie présent doit être un exemple de pureté, ton karma soit tes prochaines vies, ne seront que meilleures que celle que tu as maintenant. Ram a par ailleurs trouvé cela tout à fait logique de nous expliquer que les gens dans la rue, sur les trottoirs étaient heureux car ils n’avaient d’autres choix. La nécessité de prendre le peu que l’on a en l’appréciant est la base de cette religion et de la culture indienne. Le fait d’apprécier sa situation qu’elle soit bonne ou mauvaise permet d’améliorer son karma. Mais parfois, cette vision semble avoir ses limites.

 

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