Ram’s meli melo and Flat’s fiasco

« »Le vent dans les arbres
Dehors quelque chose est différent
Gravés dans le marbre
Mes souvenirs et mes sentiments
Je suis un étrange étranger
Qui ne sait plus où il peut s’asseoir
Ne pas s’imposer… »

Gérard De Palmas

Nos petits plats épicés, dès le déjeuner, une explosion de saveurs et surtout tant de couleurs…

Ram, un personnage charmant de ce récit de voyages, bien que parfois légèrement abusif dans ces explications tant il veut faire aimer son pays, réussit ainsi à faire découvrir un visage quelque peu erroné de l’Inde avec une vision tellement enjolivée qu’elle est parfois difficile à avaler. Innocentes en arrivant, naïves peut-être parfois, voici deux petites occidentales en Inde qui apprennent à faire la part des choses, à prendre du recul également sur tout ce que peut leur raconter leur guide qui récite l’histoire de l’Inde comme on enchevêtre les mots dans un conte de fée“Do you see this people who sleep on the floor or on the beach? They are so happy because they accept their situation and they have also a house but it feels very hot inside so they prefer to have the winter outside…” Elles le voient les tester au fil des jours qui avancent, un côté italien émanant de celui qui est devenu « tonton Ram » puis un papa et une maman à la fois dans ce pays qu’elles ne connaissent pas. Elles attendent chaque jour plus de deux heures dans son bureau, la ponctualité n’étant certainement pas sa première qualité, puis sirotent enfin à 16h un « ginger tea », ce  tchaï si particulierqui plus est, une spécialité. En ouvrant le journal « The hindu » ou le « Chennai’s Time » à la page des offres immobilières « for a rent », ils sélectionnent ensemble les districts les plus appropriés : « Chetpet, Egmore, Kilpauk, Anna Nagar, Chepauk, Santhome etc… »« And Triplicane, it’s very close from the University ? » mais « definitely not », pas Triplicane, trop sale pendant la mousson, un quartier musulman « very crowded » alors elles sélectionnent autre part, « the others areas » en choisissant de ne pas mettre plus de  10 000 roupies chacune par mois (150 euros), elles visitent tout et n’importe quoi, trop cher, « not furnished or ten months of deposit », elles essaient de garder espoir, mais après 10 jours de dur labeur, commençant à en avoir plus que marre, elles inscrivent leurs sourires dans l’humour noir.  Tout commence à les énerver, même Ram qui pourtant leur est véritablement dévoué, elles sont sur le point d’abandonner, de dire oui à tous les appartements dans leur budget qu’elles peuvent trouver, prêtent même à avoir un bout de chez soi avec des toilettes indiennes, aucun meuble, quitte à prendre des paillasses juste pour dire « it’s over », elles vont s’installer, « goodbye Udipi Home », une lumière leur traverse l’esprit, cette étincelle de lucidité qui leur crie : les choses ne marchent pas toujours ainsi. En s’installant dans leurs lits côte à côte la nuit venue, en réfléchissant un minimum, se précipiter sur un appartement qui leur plaît uniquement pour pouvoir enfin se poser dans un coin de l’Inde, ce n’est pas suffisant. Dure réalité malheureusement, un appartement à Chennai équivaut à en prendre un à Saint Etienne, pas cher me direz-vous mais pour l’Inde, c’est un prix à mettre quand même. Ici les grands prix se font concurrence parfois, mais la chance réussit également à leur sourire tant elles ont la foi. La chance ou la patience ? En Inde, on ne le sait vraiment pas… Ram promet et promet encore sans aboutissements parfois, « 10 months of deposit, I know the owner, he will be ok for 6 », sauf que malgré ce qu’il peut dire « The Chennai’s prodigy child » n’arrive pas toujours à faire entendre sa voix. Cependant, elles arrivent à garder leur sang-froid, se remémorant le slogan préféré des indiens « Everything is possible » et riant à souhaits en se répétant « Incredible India ».  Entre temps et pour oublier le manque de succès pouvant le gratifier, Ram les emmène dans son autre restaurant, à la plage, dans une soirée mondaine ou encore au ciné.

Le personnage est plus étonnant encore, quand à 35 ans, non marié et sans enfants, lors des quelques confidences dans sa ford fiesta grise se transforme en véritable aventurier, patron il était, conteur de sa vie il devient. Rajoutant quelques détails palpitants, inventant sans doute parfois ses rencontres ou encore ses aventures à Monte Carlo dans le coffre de la mafia. Celle-ci est l’une de celles qui les as le plus marqué : le pauvre jeune homme dans un bar sympathique de cette chère France bon chic, bon genre, rencontre une femme charmante et partage tout d’abord un verre, et prêt à raconter les détails de la nuit dans un hôtel, les filles le stoppent « eager to know the next step ». Elles entrent alors dans l’univers surréaliste qu’il souhaite créer, un coup de poing dans le torse par le père de la jeune fille, ligoter et menacer devant un ravin, rappelant quelque peu « minuit l’heure du crime, l’assassin le couteau à la main… » pouvant se compléter ici et grâce à Ram par « …tenta de jeter Ram au fond du ravin ». Une histoire incroyable, n’est-ce pas ? Toute cette agitation car à 25 ans, il était sorti avec la fille du « godfather » qui dieu soit loué n’était pas Marlon Brando pour que l’histoire reste crédible, mais qui avait une fille de 17 ans et demi qui en faisait, soi-disant, 10 de plus. Depuis cette péripétie, elles essaient de compter le nombre de petites amies de Ram qu’elles appellent affectueusement « Don Juan » mais qu’elles ont quand même supplié de trouver enfin chaussure à son pied « Why ?- just to go at an indian wedding- Oh girls, this is not a big deal, sometimes indian wedding are nothing… ». Se moquant de leur naïveté apparente, étant certaines que les mariages indiens étaient dignes d’un « Bollywood movie-so romantic and so kitsh», Ram les regarda avec des yeux bienveillants et les fit déchanter quand elles ouïrent que dans le Kerala, ce sacrement n’était représenté que par un futur époux qui met un sari de mariage à sa femme, et que dans le Tamil Nadu, bien que plus impressionnant, la cérémonie est «just boring ». Reprenant alors ses esprits, il les conduit sur le chemin de la brésilienne, « not the betra woman who just come for my classmates party but another girl », puis de l’hôtesse de l’air « who come on the week when she’s really hot », d’autres indiennes, des quelques françaises, allemandes ou italiennes, jamais des chinoises « too fins without boops » … Reprenant alors son parcours du combattant, heureux de prouver que malgré sa calvitie précoce, il reste aux yeux de quelques femmes attirant, rajoutant encore et toujours qu’il est et restera « The God of Chennai » et nous mettant dans les oreilles des histoires abracadabrantes, on peut le dire maintenant : il est avant d’être notre « Daddy Ram », un ami surprenant et hilarant.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :